Mal… vous savez ce que ça veut dire, avoir mal, cette douleur morale qui vous étreint, vous fait pleurer, vous enlève toute envie de faire quoique ce soit, vous impose juste l’envie de mourir, ou plutôt de disparaître, de ne plus exister, pour ne plus la ressentir.
Pourquoi ? Oh ! qui ose me demander cela ? un lecteur inconnu ? Mais toi-même, lecteur connu, tu aurais raison de poser cette question. Alors… Juste un petit retour sur ce matin, mais ce n’est pas vraiment de cela dont il s’agit. En TD, je devais présenter mon exposé, celui que je préparais depuis plusieurs semaines et sur lequel j’avais adoré travaillé. Je vais voir le prof avant le cours, pour lui demander s’il me donner 15 minutes, au lieu de 10, parce que sinon, je n’aurais pas le temps. Il accepte, me demande mon plan, me dit que c’est très bien, il a vraiment l’air content. Cela me rassure. Je stresse pendant tout le TD, certes, mais je me dis que cela se passera bien –je suis très timide, oui, mais quand il s’agit de parler de quelque chose que j’ai bien préparé, et qui me passionne, où est le problème ? – Mais, évidemment, c’est la catastrophe, je m’embrouille, je n’ai pas le temps de dire le dixième de ce que je voulais… heureusement, il aura la version écrite. Je me déteste ; je suis nulle, complètement. L’après-midi, une condisciple me dit qu’elle l’a trouvé très intéressant, mais que j’avais un tic de langage. Je lui répond qu’il était nul, que j’ai complètement merdé. Elle me répond que c’est normal, je suis perfectionniste, mais que j’aurai une bonne note. Euh ? je vous tiendrais au courant…
Mais ce n’est pas cela qui provoque cette rechute aussi violente que brutale, même s’il est vrai que ça ne va pas depuis le début de la semaine. Cette après-midi, on avait le dernier cours avec le prof dont j’ai déjà parlé (celui auquel je trouve énormément de charme, et qui me fascine par sa manière de s’exprimer). Le dernier… d’aucun diront que c’est une bonne nouvelle. Mais moi, je suis triste de ne plus le revoir. A la fin du cours, il nous a dit que c’était toujours émouvant de finir un cours, pour lui. Que devrais-je dire ? Pour moi, avec un prof que j’ai adoré, c’est maladif… je ne le supporte pas. Oui, je suis folle ; folle de pleurer parce qu’un cours est fini, parce que je ne le reverrai plus, et puis de penser que lui va rentrer chez lui, avec sa femme et ses enfants, et moi, je retourne dans ma solitude (je sais, je parle comme si j’en étais amoureuse ; non, je m’étais « attachée » à lui… je ne sais pas si vous pouvez comprendre ce sentiment). Et autre chose… il dirige le master que je voudrais faire à la fac, comme je l’ai déjà dit. Il nous a dit qu’il aurait plaisir à retrouver certains et certaines d’entre nous l’année prochaine… je sais à qui il pensait : ces personnes qui interviennent pendant son cours, qui ont des choses intéressantes à dire, et non pas une ptite conne de mon genre qui n’a aucune réflexion dont faire part, qui est là par hasard, ou par erreur, ou les deux ensembles, et que s’il reçoit ma candidature, il aura déjà un a priori fort négatif sur moi, et la jettera aussitôt. Malgré tout, je tenterais… même pessimiste. Et puis, il y a un autre prof que je voudrais tant retrouver, aussi, dans ce master… Tiens, j’irais lui parler lorsque je le reverrai (pas lui, celui dont je parle depuis le début)… comment ça, j’avais tout le semestre, et je n’ai jamais osé ? Mais si, vous verrez…. Après tout, qu’ai-je à perdre ? Si, la vie…
Alors, après ce cours, je suis allée à Paris (j’aurais encore eu la possibilité de l’aborder dans le train…), et j’ai marché, marché, au hasard, n’importe où, en larmes…. J’aurais voulu que quelqu'un qui ai quelque affection pour moi, ou un inconnu, peut-être, me prenne dans ses bras, me dise quelque chose, quelques mots de consolation, et puis… (oui, je pensais à lui, et si j’avais eu du crédit, je n’aurais pu m’empêcher de l’appeler, et oui, j’aurais aussi voulu que ce puisse être ce prof… eh ! après tout, je sais son adresse et son numéro de téléphone… Evidemment, je plaisante)
Oui, je finis un peu plus plaisamment… cela me fait toujours du bien d’écrire. Mais ça ne va pas durer… je pressens encore une nuit difficile…
Je dois cesser ce billet. Mais il y a des choses passées ces derniers jours dont je reviendrais parler.
Oui, j’ai toujours cette envie d’appeler quelqu'un, de sentir la présence de quelqu'un. mais je suis désespérément seule. Et personne ne se soucie de moi. Tout le monde s’en foutrait que je crève… alors, pourquoi est-ce que je continue ? Je pourrais aller me trancher les veines maintenant, ce serait si simple, et je n’aurais plus à me soucier de rien. Si, je vous le dis, c’est une excellente idée que celle-là….